Rencontrez Oliver James, scientifique en chef chez DNEG

Célébrer les réalisations scientifiques en matière d’effets visuels pendant la Semaine britannique de la science

À l’occasion de la Semaine britannique de la science, nous vous proposons de jeter un coup d’œil sur la relation complexe entre les effets visuels et le monde de la science. Faites connaissance avec notre scientifique en chef, Oliver James. Oliver James est titulaire d’une maîtrise en physique de l’Université d’Oxford et compte plus de 25 ans d’expérience dans l’industrie cinématographique. Au fil des ans, il a repoussé les limites des effets visuels par la recherche et le développement, en veillant à l’exactitude scientifique, en encourageant l’innovation et en trouvant des solutions nouvelles et créatives à chaque défi qui lui était soumis.

Quel poste occupez-vous et comment décririez-vous votre rôle chez DNEG?

J’occupe le poste de scientifique en chef, et je conçois les logiciels dont se servent les artistes pour créer des effets visuels dans les films. DNEG utilise de nombreux logiciels ordinaires, mais devant la complexité croissante du travail et pour créer de nouveaux effets, nous concevons également beaucoup de logiciels sur mesure. Je me concentre sur les projets ayant une dimension scientifique ou mathématique.

Pouvez-vous nous parler de votre parcours professionnel et de ce qui vous a amené à travailler dans les effets visuels?

D’aussi loin que je me souvienne, je me suis toujours intéressé à la photographie, à la physique et à l’informatique. J’ai consacré le début de ma carrière à ces trois domaines de manière indépendante : j’ai commencé à faire du codage dès l’âge de 12 ans, puis j’ai été stagiaire à IBM pendant mes vacances d’été; j’ai obtenu un diplôme en physique; et j’ai travaillé plusieurs années dans un studio de photographie. Ce que j’ai découvert dans les effets visuels, c’est un moyen de combiner ces trois intérêts en un seul travail : dans les effets visuels, on utilise la physique et l’informatique pour synthétiser des photographies virtuelles.

Pouvez-vous nous en dire plus sur la relation entre la physique et les effets visuels, et nous expliquer l’importance de l’exactitude scientifique dans la réalisation de films?

Imaginez que vous êtes captivé par une scène cruciale d’un film, mais que tout à coup, vous remarquez quelque chose qui cloche. Par exemple, la façon dont un vaisseau spatial se déplace ou dont la lumière se reflète sur une surface. Si ce plan a été créé à l’aide d’effets visuels, il y a de fortes chances que quelque chose ne fonctionne pas sur le plan de la physique. Vous n’en êtes peut-être même pas conscient, mais pendant une fraction de seconde, vous êtes distrait, et vous perdez le fil de l’histoire. Les effets visuels servent à capter davantage l’intérêt du public pour l’histoire racontée, et suivre les lois de la physique n’est que le point de départ.

C’est ce que j’avais l’habitude de répondre, mais nous avons découvert qu’il y a d’autres avantages à approfondir la question. En travaillant aux effets visuels d’Interstellar, nous avons découvert que la science pouvait être une source d’inspiration. Au début, nous n’avions pas d’idée préconçue sur ce à quoi devait ressembler le trou noir dans ce film; alors, nous en avons modélisé un mathématiquement, avec l’aide du professeur Kip Thorne.

Nous avons constaté que plus nous nous plongions dans la physique, plus les images devenaient complexes et intrigantes. Dans ce cas, la science a non seulement inspiré l’aspect du trou noir, mais elle a aussi créé les images : chaque pixel représente une solution aux équations d’Einstein.

Quels autres liens existe-t-il entre votre travail et le monde scientifique?

La collaboration avec Kip Thorne a évolué vers des domaines intéressants. Après avoir d’abord utilisé la science pour que le public s’intéresse à l’histoire du film, nous avons vu que le film amenait également le public à s’intéresser à la science fondamentale. Paul Franklin (directeur créatif de DNEG) et moi-même avons exploré cette idée en faisant équipe avec Kip Thorne et Hans Zimmer pour célébrer la science (en particulier la découverte des ondes gravitationnelles) dans The Warped Side of The Universe; et rendre hommage aux missions Apollo dans Once Upon a Time on the Moon, deux concerts donnés aux festivals Starmus. Starsounds était une collaboration entre DNEG, Brian Eno et Garik Israelian.

Plus récemment, DNEG a collaboré avec Brian Cox et a créé des visuels pour sa tournée Universal.

Encourageriez-vous d’autres scientifiques à rejoindre l’industrie cinématographique, et pourquoi?

Ces exemples de collaboration avec la science ne correspondent pas à notre travail habituel – le lien avec la science dans la plupart de nos projets est généralement moins évident. Cependant, les compétences nécessaires pour résoudre les problèmes auxquels nous sommes confrontés sont familières à la plupart des scientifiques : traduire un cahier des charges souvent vague en un énoncé clair du problème, tester les approches possibles pour résoudre le problème et améliorer la solution de manière itérative. Nous constatons que les scientifiques s’épanouissent souvent dans nos équipes de développement.

Photo credit : Max Alexander, Starmus

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