Les secrets des effets visuels dans les films d’horreur

COMMENT LE CINÉMA EXPLOITE LES EFFETS VISUELS POUR NOUS FAIRE PEUR

C’est l’Halloween et, pour l’occasion, nous avons fouillé dans notre « crypte secrète » pour en extirper certaines des techniques d’effets visuels méconnues que les cinéastes utilisent pour nous effrayer.

Voici quelques exemples des techniques que nous avons employées depuis notre création, il y a 20 ans, et qui pourraient inspirer vos propres films d’horreur ou vos bandes démos les plus angoissantes.

Visions cauchemardesques

Les effets visuels conjuguent l’art, la créativité, la science et la technologie pour donner vie à la vision des scénaristes – et parfois à leurs cauchemars!

Depuis la nuit des temps, les récits paranormaux et macabres nous font trembler en jouant avec nos frayeurs les plus primitives. Alors que scénaristes et réalisateurs s’efforcent de trouver des façons toujours plus créatives de nous faire peur, les effets visuels jouent un rôle de plus en plus déterminant dans l’horreur cinématographique et télévisuelle.

Comme la plupart des cauchemars, la fiction horrifique efficace s’ancre dans la réalité : les cinéastes nous donnent souvent nos plus grandes frousses en apportant au quotidien une touche inattendue et déstabilisante.

Insectes et sales bestioles

Vous avez déjà essayé d’entraîner un cafard pour qu’il entre en scène à votre signal? Grâce aux effets visuels, ce n’est maintenant plus nécessaire.

Des araignées aux scorpions en passant par les invasions de sauterelles, cinéastes et scénaristes adorent se servir des petites bêtes comme d’un outil pour ébranler le public. Au cours des 20 dernières années, nous nous sommes souvent inspirés de la nature pour vous donner la chair de poule.

Pour la série télévisée BrainDead (CBS), nous avons créé des extraterrestres en forme de fourmis mangeuses de cerveaux, tandis que, pour le film d’horreur The Reaping, nous avons modélisé avec précision l’une des plus grandes invasions de sauterelles jamais vues à l’écran (photo ci-dessous).

locusts around feet

Essaims d’araignées

En 2017, pour le film The Mummy, nous avons donné vie à un essaim d’énormes solifuges (sorte d’araignées-termites velues) particulièrement vicieux vivant dans le désert. Notre équipe a modélisé des versions 3D des arachnides – un peu plus grandes que les vrais, qui sont déjà énormes! – et a créé plusieurs variations de forme et de texture. Nous avons ensuite appliqué le squelettage, qui permet de définir une variété de positions et de mouvements de base, comme la respiration. Nous avons également créé des cycles d’animation pour les différentes poses, variations du corps et vitesses de marche et de course. Une simulation de particules a été mise en œuvre pour reproduire des centaines de solifuges à chaque fois. Cela nous a permis de créer l’illusion d’un énorme essaim qui envahit les surfaces de la tombe.

Jetez un coup d’œil à cette bande démo de la composition des effets visuels de The Mummy (la scène des solifuges commence à 55 secondes).


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Maquillage numérique

À la fin des années 1980 et au début des années 1990, Robert Englund, qui interprétait Freddy Krueger dans la légendaire série de films d’horreur A Nightmare on Elm Street, passait plus de trois heures dans le fauteuil du maquilleur avant chaque tournage, et souffrait d’une vive irritation de la peau à cause des prothèses en latex et du maquillage.

Aujourd’hui, pour parfaire le réalisme dans l’horreur, les cinéastes ont souvent recours au maquillage numérique pour compléter les traditionnelles prothèses physiques. Le maquillage numérique peut aussi être animé pour soutenir une performance plus subtile, et il peut être éclairé de manière créative pour augmenter le suspense.

En 2016, pour le film A Cure for Wellness, du réalisateur Gore Verbinski, nous avons augmenté le volume du maquillage du Dr Volmer (joué par Jason Isaacs, photo ci-dessous) qui, comme Krueger, était sévèrement défiguré par le feu.

Notre équipe a dirigé les effets visuels d’une scène difficile où Volmer enlève un masque pour révéler son vrai visage. Pour cette scène, nous avons soigneusement superposé un plan du visage de l’acteur et un plan du visage maquillé. Utilisant le suivi des mouvements corporels, nous avons projeté un masque de synthèse défiguré sur le visage de l’acteur, et appliqué des simulations de tissu pour créer l’illusion de la peau qui se détache!

A cure for wellness face peel

En 2004, pour Shaun of the Dead, la populaire comédie de zombies d’Edgar Wright qui tient le neuvième rang au palmarès du magazine Variety des meilleurs films d’horreur de tous les temps, nous avons utilisé une combinaison d’écrans verts et de maquillage classique pour donner vie – ou mort! – aux blessures fatales des zombies. Jetez un coup d’œil à cette composition des effets visuels désormais classiques tirée de nos archives.

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Environnements envoûtants

Quoi de plus angoissant que de se sentir perdu, seul et cerné par l’inconnu? Du château de Nosferatu de 1922 jusqu’à nos jours, les réalisateurs de films d’horreur ont exploité des effets visuels à base de caches peints pour créer des émotions fortes. Mais aujourd’hui, ce type de processus est entièrement numérique. Souvent jumelés à des plateaux en images de synthèse, une autre technique d’effets visuels, les caches numériques permettent aux cinéastes de manipuler l’environnement pour envelopper leur intrigue.

Revenons à A Cure for Wellness. L’histoire se déroule dans un centre de cure isolé, niché au cœur des Alpes suisses. En réalité, le bâtiment utilisé était situé dans les contreforts d’une chaîne de montagnes assez basses (en bas à gauche). Notre équipe a donc créé un arrière-plan numérique, combiné à d’autres techniques d’effets visuels, pour placer l’institut dans un cadre montagneux escarpé et souligner son caractère isolé (en bas à droite).

Visitez la page du film pour voir la bande-annonce.

A cure for Wellness woman on ledge A cure for Wellness woman on ledge in front of mountains

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